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Musique classique et opéra par Classissima

Renée Fleming

lundi 26 septembre 2016


Classiquenews.com - Articles

7 septembre

DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello (Yoncheva, Lucic, Nézet-Séguin, 2015)

Classiquenews.com - Articles DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello (Yoncheva, Lucic, Nézet-Séguin, 2015). Septembre 2015, la bulgare Sonya Yoncheva, voix carressante, timbre meliflu (bientôt sur les traces de la sublime et câline Fleming, qui chanta ici même avant Netrebko Desdemona?), d’une hyperféminité qu’elle partage avec Anna Netrebko justement, cumule depuis quelques mois, comme sa consœur, capable de surperbes défis vocaux (chez Verdi et Puccini), s’affirme peu à peu comme la voix internationale que le milieu lyrique attendait : sa Desdemona au Metropolitan Opera de New York, saisit, captive, s’impose par une musicalité juvénile, d’une richesse expressive et poétique admirable. Fragilité et finesse, rondeur et puissance du chant. Ces qualités ont fait depuis, la grâce hébétée de sa Traviata à l’Opéra Bastille, ou le cristal adolescent de sa comtesse des Noces de Figaro dans un récent enregistrement édité par Deutsche Grammophon, live de Baden Baden sous la direction du même chef, Nézet-Séguin. Sous le conduite du même chef, « La Yoncheva » affirme un tempérament souverain : et hors de la tradition de ses grandes aînées (Tebaldi, Freni, Te Kanawa…), cisèle une grâce féminine (sa signature désormais), qui aux côtés de la sensibilité sacrificielle finale, s’accompagne d’une assurance féline dans ses confrontations avec l’infâme Iago. Succédant à Fleming et Netrebko, Yoncheva, nouvelle reine du Met Mais le point fort de cette production revient aussi à celui justement qui tire les ficelles, le jaloux rongé par l’impuissance, ce Iago parfait démon cynique auquel le superbe Zeljko Lucic offre sa présence et une vérité prodigieuse. Seul il n’était rien. Manipulant un Otello trop carré, Iago triomphe indirectement. Car ici Otello, le maure complexé par sa couleur de peau (ici aspect écarté, à torts), est plus brute épaisse qu’amoureux en doute (le letton Aleksandrs Antonenko demeure bien instable, son personnage mal assumé, inabouti ou trop carré : un comble d’autant plus criant confronté aux deux portraits captivants de ses deux partenaires…), il conviendrait que le ténor qui ne manque pas de puissance, affine considérablement son approche pour éviter des attitudes ….souvent ridicules. Grâce à l’éclair expressif qu’apporte le baryton serbe en revanche, le couple Iago / Lucic forme un monstre à deux têtes qui dévore la finesse Yoncheva pourtant lionne autant que gazelle; sa prière en fin d’action est déchirante : sobre, ténue, murmurée, au legato quasi bellinien. Parmi les comprimari, -rôles « secondaires », saluons le très juste et séduisant Cassio du prometteur Dimitri Pittas. Futur directeur musical du Metropolitan, le maestro adulé actuellement Yannick Nézet-Séguin prête une attention continue pour les instruments, relief de chaque timbre dans une partition souvent cataclysmique, et aussi introspectives : contrastes et vertiges dignes de Shakespeare… on guettera son prochain Otello, avec un fini orchestral cette fois totalement maîtrisé. De toute évidence, pour les confrontations Yoncheva et Lucic, la direction efficace de Nézet-Séguin : un must contemporain made in New York. DVD, compte rendu critique. Verdi : Otello. Aleksandrs Antonenko (Otello), Sonya Yoncheva (Desdemona), Željko Lučić (Iago), Chad Shelton (Roderigo), Dimitri Pittas (Cassio), Jennifer Johnson Cano (Emilia), Tyler Duncan (A herald), Günther Groissböck (Lodovico), Jeff Mattsey (Montano)… Metropolitan Opera & Chorus. Yannick Nézet-Séguin, direction. 1 dvd Sony classical 889853089093, enregistré en septembre 2015.

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14 août

Pour les nostalgiques de Frederica von Stade

« Frederica von Stade : The Complete Columbia Recital Albums ». Œuvres de Claudio Monteverdi (1567-1643), Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791), Gioacchino Rossini (1792-1868), Hector Berlioz (1803-1869), Jacques Offenbach (1819-1880), Jules Massenet -1842-1912), Claude Debussy (1862-1918), Richard Strauss (1864-1945), Maurice Ravel (1875-1937), Joseph Canteloube (1879-1957), etc. Avec : Frederica von Stade, mezzo-soprano ; Kathleen Battle, Judith Blegen et Renée Fleming, sopranos ; Nicolaï Gedda, ténor ; Thomas Hampson, baryton ; Martin Katz, piano ; Wynton Marsalis, trompette, etc. London Philharmonic Orchestra, Boston Symphony Orchestra, Scottish Chamber Orchestra, Berliner Philharmoniker, etc., direction : Claudio Abbado, Andrew Davis, Antonio de Almeida, Raymond Leppard, Seiji Ozawa, André Previn, etc. 18 CD. SONY Classical 88875183412. Enregistrements réalisés entre 1974 et 2000.




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27 juin

Diana Damrau chante La Traviata aux Chorégies d’Orange 2016

France 3. Verdi : La Traviata, mercredi 3 août 2016,21h30. En direct d’Orange, Diana Damrau se confronte au plein air et à l’immensité du Théâtre Antique pour exprimer l’intimité tragique d’un destin sacrifié : celui de la jeune courtisane parisienne Alphonsine Duplessis, devenue d’Alexandre Dumas fils à Verdi à l’opéra, Violetta Valéry. La diva germanique a déjà chanté à maintes reprises le rôles écrasant de La Traviata (la dévoyée) : à la Scala, et récemment dans la mise en scène finalement très classique et sans poésie de Benoît Jacquot, sur les planches de l’Opéra Bastille : un dvd en témoigne (ERATO, live de juin 2014 : lire notre critique du dvd La Traviata avec Diana Damrau ). TRAVIATA, UN MYTHE SACRIFICIEL… Verdi construit le drame par étape, chacune accablant davantage la prostituée qui entretient son jeune amant Alfredo. L’acte I est toute ivresse, à Paris, dans les salons dorés de la vie nocturne : c’est là que Violetta se laisse séduire par le jeune homme ; au II, le père surgit pour rétablir les bienséances : souhaitant marier sa jeune fille, le déshonneur accable sa famille : Violetta doit rompre avec Alfredo le fils insouciant. A Paris, les deux amants qui ont rompu se retrouvent et le jeune homme humilie publiquement celle qu’il ne voit que comme une courtisane (il lui jette à la figure l’argent qu’il vient de gagner au jeu) ; enfin au III, mourante, au moment du Carnaval, retrouve Alfredo mais trop tard : leur réconciliation finale scelle le salut et peut-être la rédemption de cette Madeleine romantique. En épinglant l’hypocrisie de la morale bourgeoise, Verdi règle ses comptes avec la lâcheté sociale, celle qu’il eut à combattre alors qu’il vivait en concubinage avec la cantatrice Giuseppina Strepponi : quand on les croisait dans la rue, personne ne voulait saluer la compagne scandaleuse. La conception de l’opéra suit la découverte à Paris de la pièce de Dumas en mai 1852. L’intrigue qui devrait se dérouler dans la France baroque de Mazarin, porte au devant de la scène une femme de petite vertu mais d’une grandeur héroïque bouleversante. Figure sacrificielle, Violetta est aussi une valeureuse qui accomplit son destin dans l’autodétermination : son sacrifice la rend admirable. Le compositeur réinvente la langue lyrique : sobre, économe, directe, et pourtant juste et intense. La grandeur de Violetta vient de sa quête d’absolu, l’impossibilité d’un amour éprouvé, interdit. Patti, Melba, Callas, Caballe, Ileana Cotrubas, Gheorghiu, Fleming, récemment Annick Massis ou Sonya Yoncheva ont chanté les visages progressifs de la femme accablée mais rayonnante par sa solitude digne. L’addio del passato au II, qui dresse la sacrifiée contre l’ordre moral, est le point culminant de ce portrait de femme à l’opéra. Un portrait inoubliable dans son parcours, aussi universel que demeure pour le genre : Médée, et avant elle Armide et Alceste, puis Norma. Femme forte mais femme tragique. Le timbre rond et agile de la coloratoure doit ici exprimer l’intensité des trois actes qui offre chacun un épisode contrasté et caractérisé, dans la vie de la courtisane dévoyée : l’ivresse insouciante du premier acte où la courtisane déjà malade s’enivre d’un pur amour qui frappe à sa porte (Alfredo); la douleur ultime du sacrifice qui lui est imposé au II (à travers la figure à la fois glaçante et paternelle de Germont père); enfin sous une mansarde du Paris romantique, sa mort misérable et solitaire au III. Soit 3 visages de femme qui passent aussi par une palette de sentiments et d’affects d’un diversité vertigineuse. C’est pour toutes les divas sopranos de l’heure, – et depuis la création de l’opéra à la Fenice de Venise en mars 1853, un défi autant dramatique que vocale, dévoilant les grandes chanteuses comme les grandes actrices. La distribution des Chorégies d’Orange 2016 associe à Diana Damrau dans le rôle-titre, Francesco Meli (Alfredo), Placido Domingo (Germont père). Daniele Rustioni, direction musicale. Louis Désiré, mise en scène. En direct sur France 3 et culturebox, mardi 3 août 2016 à 21h30. A l’affiche du Théâtre Antique, également le 6 août 2016 à 21h30.

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28 mai

CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals

CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Une affiche à faire pâlir toutes les maisons d’opéra : le coffret DECCA SOUND 55 great vocal recitals offre une récapitulation des plus grandes voix du siècle dernier et de celui commençant, synthèse entre les XXè et XXIè, qui place de fait Decca parmi les labels qui ont le plus compté dans l’émergence et la diffusion des tempéraments vocaux et lyriques les plus sidérants. Ce sont les archives du label d’Universal music, un filon inestimable qui retrace les gloires passées des années 1950, 1960, 1970, 1980, 1990… jusqu’aux étoiles contemporaines : Kaufmann ou Calleja, deux ténors en or. Dans les domaines enviables et impressionnants tant ils exigent profondeur, finesse, agilité ou legato, soit opéra italien et français, Wagner et les lieder et mélodies, voici les grandes voix admirables qui nous ont bercé, qui ont façonné aussi notre goût, touts et toutes uniques dans leur spécificité incarnée, parfois d’une vérité criante ou d’une blessure envoûtante à jamais mémorable. Decca ne fait que livrer une partie infime de son immense catalogue vocal. Ce premier volet en appelé d’autres : nous en sommes déjà impatients. 55 récitals, 55 voix légendaires Ici, chaque chanteur, tempérament singulier, révélant sa propre identité sonore, sa marque artistique forte dans un répertoire désormais bien délimité, enregistre chez Decca relève d’un accomplissement et d’une reconnaissance semblable aux pianistes qui donnent un récital à Carnegie Hall : un tremplin formidable et déjà, un statut à part. De là à passer au statut de légende vivante, le pas est souvent vite franchi. Voyez ainsi dans les oeuvres qu’ils ont profondément marqué par la justesse de leur incarnation : pour les années 1950 : Ferrier, Corena…; pour les 60’s : Berganza, Nilson, Crespin… ; pour les 70’s : Pavarotti, Södeström…; pour les 80’s : Kanawa, Bartoli… pour les 90’s : Gheorghiu, Fleming, … Chanteurs par date d’enregistrement de leur récital titre : Suzanne Danco (1950-1956), Kathleen Ferrier (1950-1952), Cesare Siepi (1954-1958), Fernando Corena (1952-1956), Mario del Monaco (1952-1956), Kirsten Flagstad (1956-1958), Lisa della Casa (1952-1956), Giuletta Simionato (1955-1961), Gérard Souzay (1950-1956), Carlo Bergonzi (1957-1965), Giuseppe di Stefano (1958), John Sutherland (1959-1962), Regina Resnik (1960-1967), Hilde Gueden (1951-1969), Teresa Berganza (1959-1962), Tom Krause (1965-1967), Peter Pears (WIntereise de Schubert avec au piano Benjamin Britten, 1963), Birgitt Nilson (1962-1963), Marilyn Horne (1964-1966), Renata Tebaldi (1958-1972), Hermann Prey (Schwanengesang de Schubert de 1963 avec Gerald Moore au piano), Elena Souliotis (1965-1967), Régine Crespin (1963-1967), Gwyneth Jones (1966-1968), Luciano Pavarotti (1964-1976), Nicolai Ghiaurov (1962-1974), Sherill Milnes (1971-1978), Hans Hotter (lieder et mélodies, 1973), Sylvia Sass (1977-1978), Pilar Lorengar (1966-1978), Elisabeth Söderström (mélodies russes avec Vladimir Ashkenzay au piano 1974-1977), Mirella Freni et Renata Scotto en duo (1978), Martti Talvela (1969, 1980), Paata Burchuladze (1984), Leo Nucci (1986), Susan Dunn (1987), Cecilia Bartoli (1988), Kiri Te Kanawa (1989), Brigitte Fassbaender (1990), Sumi Jo (1993), Angela Gheorghiu (1995), Andreas Scholl (1998), René Fleming (Mozart, Tchaikovski, Strauss… avec Solti, 1996), Barabara Bonney (1999), Matthias Goerne (2000), Juan Diego Florez (2002), Jonas Kaufmann (avec Claudio Abbado en 2008), Joseph Calleja (2010). Sans omettre les moins connus Virginia Zeani, Jennifer Vyvyan, Robert Merril et James McCracken (duo, 1963-1965), Huguette Tourangeau (1970-1975), Maria Chiara (1971-1977), Josephine Barstow (1989), Kiri Te Kanawa (1989)… CD, coffret, annonce. DECCA SOUND 55 great vocal recitals. Prochaine grande critique dans le mag cd dvd livres de classiquenews. CLIC de CLASSIQUENEWS de juin 2016.



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18 avril

Le Rosenkavalier de Wernicke, de retour à Bastille

PARIS, Opéra Bastille. Strauss : Le Chevalier à la rose par Wernicke, 9-31 mai 2016, reprise événement à Paris. Cette production de Rosenkavalier, Le Chevalier à la rose, sommet lyrique de 1911, conçu par le duo légendaire Richard Strauss et Hugo von Hofmannsthal est deloin l’une des réalisations les plus convaincantes à l’opéra : par sa justesse poétique, ses visuels oniriques, son jeu dramatique cohérent. « La Maréchale, Ochs, Octavian, le riche Faninal et sa fille, tous les liens vitaux qui se sont tissés entre eux, ces personnages, on dirait que tout cela s’est trouvé là ainsi, il y a très longtemps”, ainsi s’exprime le metteur en scène Herbert Wernicke, soucieux de rendre vie à chacun des protagonistes d’un opéra dont le vrai sujet est le temps, l’oeuvre de la durée et donc l’empreinte qu’elle impose aux êtres et aux esprits, la métamorphose, le renoncement et l’amour… Créé à l’Opéra Bastille en 1997 en coproduction avec Salzbourg (avec La Maréchale de Renée Fleming et le Quiquin/Oktavian de Susan Graham), le spectacle aujourdh’ui repris devrait encore marquer les esprits. Wernicke (décédé en 2002), tout en mettant à nu mais sur le mode d’un suprême intimiste élégant auatnt que pudique, la vérité de chacun, réalise dans cette production historique, devenue à juste titre légendaire, de somptueux tableaux spectaculaires ; restituant à l’opéra, sa vocation à créer de l’inouï et de l’onirique, comme une machinerie fantastique. Pour traduire le jeu miroitant du temps, et la labyrinthe où se perdent les protagonistes, le metteur en scène imagine un théâtre des illusions où de grandioses miroirs, d’une échelle colossale jamais vue auparavant, absorbent l’action, la transfigurent même en intégrant acteurs, orchestre, scène et public. Ce grand théâtre du monde submerge la scène et touche directement le spectateur en une féerie collective vivante d’un souffle et d’une poésie irrésistible. La distribution regroupe plusieurs voix à tempéraments : la soprano Anja Harteros fait son retour à l’Opéra de Paris dans l’un des plus beaux rôles du répertoire, après 11 ans d’absence parisienne, sous la baguette, fine et suggestive de Philippe Jordan. Paris, Opéra Bastille Richard Strauss : Le Chevalier à la rose / Der Rosenkavalier 8 représentations, du 9 au 31 mai 2016 lundi 9 mai 2016 - 19h00 jeudi 12 mai 2016 - 19h00 dimanche 15 mai 2016 – 14h30 mercredi 18 mai 2016 – 19h00 dimanche 22 mai 2016 – 14h30 mercredi 25 mai 2016 – 19h00 samedi 28 mai 2016 – 19h00 mardi 31 mai 2016 – 19h00 Le Chevalier à la rose / Der Rosenkavalier Comédie en musique en 3 actes, 1911 Livret de Hugo von Hofmannsthal Musique de Richard Strauss (1864-1949) / durée : 4h avec entracte avec : La Maréchale : Anja Harteros DER BARON OCHS: Peter Rose OCTAVIAN: Daniela Sindram HERR VON FANINAL: Martin Gantner SOPHIE: Erin Morley MARIANNE LEITMETZERIN: Irmgard Vilsmaier VALZACCHI: Dietmar Kerschbaum ANNINA: Eve-Maud Hubeaux EIN SÄNGER: Francesco Demuro EIN POLIZEIKOMMISSAR: Jan Štáva Un opéra contemplatif onirique sur l’oeuvre du temps… « Le temps est une étrange chose. Il est tout autour de nous, il est aussi en nous. Il ruisselle dans nos miroirs, il coule sur mes tempes. Et entre moi et toi, Il coule à nouveau ; sans bruit, comme un sablier. » La Maréchale, ACTE I Duo mythique Avec son librettiste Hugo von Hoffmannsthal, rencontré dès 1900, Richard Strauss réalise un duo légendaire à l’opéra, l’équivalent au début du XXè du binome mythique lui aussi Mozart / Da Ponte. Ainsi naissent sous leurs plumes associées, plusieurs sommets lyriques avant la première guerre : Elektra, Der Rosenkavalier, Ariadne auf Naxos, Die Frau ohne Schatten, Die ägyptische Helena, Arabella. Ils ont choisi pour Rosenkavalier, le cadre de la Vienne impériale baroque, celle des premières années de règne de Marie-Thérèse d’Autriche, dans la seconde moitié du XVIIIè, ère de raffinement extrême influencé par le style versaillais français. Dans l’esprit du compositeur, il s’agit de créer un nouvel opéra mozartien, dans la suite des Noces de Figaro, après les déflagrations de Salomé (1905, d’après Wilde), d’Elektra (1909) qui lui valent une réputation d’auteur moderne scandaleux mais irrésistible… Strauss et Hoffmannsthal pour créer de la vérité, inventent et jouent avec l’histoire : bien que non historiquement avérée à l’époque de l’impératrice, la valse est omniprésente ici, propre à la sensibilité des deux auteurs. Tous les personnages ont leur valse emblématique de Ochs à Quiquin ou Octavian… La création en février 1911 – à l’Opéra Royal de Dresde (dans la mise en scène de Max Reinhardt avec lequel Strauss et Hoffmannsthal fonderont le Festival de Salzbourg en 1922), est un choc et un triomphe : depuis Elektra, toutes les grandes villes d’Europe se mettent à la page Straussienne. New York affiche très vite l’ouvrage mais Paris, à cause de la guerre, ne pourra écouter l’opéra qu’en 1927. En 1925, sans épuiser la riche matière poétique de l’ouvrage, Robert Wiene, précurseur du cinéma expressionniste allemand, adapte l’opéra de Strauss et Hoffmannsthal au cinéma. On oublie que Richard Strauss fut parallèlement à sa carrière de compositeur flamboyant, un chef d’orchestre précoce (il conduit l’orchestre dès ses 9 ans) avisé et pertinent (mozartien, il est l’un des premiers à faire réhabiliter Cosi fan tutte, jusque là mésestimé en raison de la faiblesse de livret) ;le jeune Strauss répond à l’invitation de Hans von Bulow et dirige l’orchestre de l’opéra de Meiningen, de l’opéra de Munich et succède à Bulow comme directeur musical du Philharmonique de Berlin… Il dirige Tannhaüser à Bayreuth (1894). Il est nommé directeur artistique de l’Opéra de Vienne (après Gustav Mahler), soit de 1919 à 1925, et y dirige entre autres, les opéras de Mozart et de Wagner. Rappel des personnages : LA MARÉCHALE Princesse von Werdenberg, femme dans la trentaine qui a pour amant le jeune Octavian OCTAVIAN Jeune homme de la noblesse viennoise, âgé de dix-sept ans, amant de la Maréchale LE BARON OCHS VON LERCHENAU Cousin de la Maréchale, fiancé à Sophie de Faninal – la plupart des mises en scènes et des productions grossissent les traits du personnages au point d’en faire un Falstaff mal dégrossi aux manières brusques ; or Strauss et Hoffmannsthal l’avaient conçu en vrai contemporain de La Maréchale, trentenaire, élégant et fin. Bien peu de baryton offrent une juste caractérisation du personnage. MONSIEUR DE FANINAL Riche commerçant récemment anobli SOPHIE Fille de Monsieur de Faninal MARIANNE LEITMETZERIN Duègne de Sophie VALZACCHI Valet intrigant ANNINA Nièce et complice de Valzacchi INFORMATIONS / RÉSERVATIONS : par Internet : www.operadeparis.fr par téléphone : 08 92 89 90 90 (0,34€ la minute) téléphone depuis l’étranger : +33 1 72 29 35 35 aux guichets : au Palais Garnier et à l’Opéra Bastille tous les jours de 11h30 à 18h30 sauf dimanches et jours fériés

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30 mars

Récital Renée Fleming & Philippe Jordan à l’Opéra Garnier

Pour son dernier récital parisien, n’était-ce pas un dimanche après midi à Pleyel, Henri Dutilleux était là, incapable de se mouvoir mais heureux, sur un fauteuil. Renée Fleming lui dédiait une mélodie de lui dans son programme très varié. On ne l’a plus revu au concert, jamais. C’est le Temps l’horloge entier, écrit par lui pour elle, que Renée Fleming a chanté à Garnier pour marquer le centenaire de Dutilleux disparu mais combien vivant, avec l’inestimable soutien de Philippe Jordan au piano. Rare instant d’émotion et de fidélité. Renée resplendissante, noire et mauve ou rose de dentelle et satin, avec longs gants et pierreries scintillantes, avait commencé plus à froid avec la Frauenliebe d’un Schumann dont le confort en matière de tessiture n’est pas le souci premier. Inutile de dire que la longue lente réflexion intériorisée de Süsser Freund a constitué l’absolu cœur d’une séquence dont les moments plus pétulants marchaient un peu au charme. Avec Richard Strauss, déjà chauffée, et sur son sol de prédilection, la voix s’est exposée tout autrement : exquise de délicatesse dans Das Bächlein, mais dévidant un fil d’or d’émotion suspendue dans un incomparable (et combien périlleux) Ruhe, meine Seele. Incomparable Allerseelen, si senti, si communiqué. Le très rare Die Heiligen drei Könige a offert à Jordan l’occasion d’un long postlude étourdissant. Mais après l’entracte et Dutilleux, c’est dans Rachmaninov que la voix dorée s’est épanouie à plein, trouvant son ampleur et sa chaleur la plus lumineuse dans un groupe de mélodies simplement éblouissantes de rythme, de sensibilité, de plaisir de chanter. On n’était pas au bout de ses plaisirs. Fleming nous a fait la surprise exquise de nous chanter en premier bis, avec le soutien si nu et si prenant du piano, le Porgi amor de la Comtesse de Mozart archet à la corde, avec une pureté, une simplicité, une absence d’effets — tout pour Mozart et rien que Mozart, à se mettre à genoux. On aurait voulu que tout s’arrête, que le monde finisse avec cela, dans cette lumière mélancolique et dorée. Mais la beauté vocale joyeuse et absolue de Summertime, d’O mio babbino caro, de Morgen enfin ne nous ont pas fait regretter que le Temps continue et que l’horloge tourne toujours ; mais beaucoup espérer qu’un si beau retour se renouvelle vite. Opéra Garnier, 27 mars 2016

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